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banniere de l'oreille à la plume

28 décembre 2025

Newsletter # 3 - Il était une fois… notre arrivée à Buenos aires.

Lettre de voyage De l'Oreille à la Plume

photo newsletter 3

Nos premiers pas à Buenos Aires… tango d’écriture

Le vol se passe très bien, pas de bourrasques à l’atterrissage cette fois. Des applaudissements, qui semblent s’adresser à Olivier ; il l’a fait, ce voyage espéré de si longue date ! Il est en Argentine. Nous sommes en Argentine. Nous allons pouvoir tendre l’oreille et sortir la plume.

Jorge, le taximan, nous attend depuis plus de deux heures. Immobile comme une promesse tenue, il brandit sa pancarte : « Sylvie et Olivier Bienvenidos ! ». Nous embarquons enfin. Alors Buenos Aires se met à parler par sa voix. Jorge nous confie sa ville intime : les monuments qui l’émeuvent, les raccourcis du cœur, les bonnes adresses chuchotées, ce bar où il faut absolument se rendre. Le taxi devient scène mouvante, et la visite guidée se tisse au fil des rues et des avenues.

 

À peine sortis du taxi, d’autres présences nous enveloppent : Angèle, Dany et leurs enfants. Ils nous offrent leur canapé pour la première nuit. Nous entrons avec eux dans la « cérémonie » du maté, lente et chaleureuse, où le temps se suspend. Dans son sillage, la maman de Dany apparaît, et avec elle, tout un récit de vie. Elle nous livre son histoire d’un seul souffle, comme une confidence nécessaire — une entrée en matière spontanée pour notre projet « De l’oreille à la plume », et une manière douce de remettre l’espagnol dans l’oreille.

 

Un repas joyeux, partagé, scelle notre première venue à Buenos Aires. Puis un rendez-vous est pris avec Virginie, chez qui nous séjournerons huit jours. Le lieu où nous arrivons évoque aussitôt les conventillos, ces maisons collectives du début du XXe siècle. Elles étaient habitées par les ouvriers immigrés Espagnols, Italiens et Français, si magnifiquement décrits dans le roman « Les dieux du tango » de Carolina de Robertis :

Imaginez… février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle a épousé deux ans plus tôt. Dans ses maigres bagages repose un trésor : le violon de son père. Mais à son arrivée, tout bascule. Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, veuve, sans ressources. Elle devrait rentrer en Italie. Et pourtant. Le désir de ce monde nouveau, la musique qui bouillonne dans les quartiers chauds de la ville, la retiennent.

Le violon — interdit aux femmes — l’appelle. Alors Leda choisit. Elle se déguise en homme et plonge dans la nuit, dans le monde du tango. Elle s’engage tout entière dans un voyage vertigineux, au bout de sa condition de femme, de son art, de la passion sous toutes ses formes, et de son histoire meurtrie.

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Nous disposons de deux-trois jours pour nous mettre dans l’ambiance, prendre le poul de ce pays avec nos hôtes et en parcourant les rues.

 

Les rues de Buenos Aires sont quadrillées, les repères sont assez faciles. Faire des courses, découvrir le quartier populaire où vit Virginie, la gare historique de la ville qui ne dessert maintenant plus que les banlieues tant le chemin de fer a été abandonné au cours du siècle dernier, poussant à l’exode rural tant de personnes qui se retrouvent maintenant entassées dans cette ville gigantesque. Ici aussi, l’architecture est éclectique. Les menus des restaurants populaires sont proches de ce que l’on trouve en Italie, l’ambiance est espagnole. Il fait bon, pas trop chaud. On prend le temps d’aller voir les hauts lieux de la ville, la Casa Rosada bien sûr, le cabildo, le Congreso qui est l’Assemblée Nationale, lieu de nombreuses manifestations et luttes en cette période de grande tension politique ; la Plaza de Mayo où certaines mères-courage bravaient l’interdit de se réunir pendant la dictature militaire et se rencontraient en tricotant pour ne pas attirer l’attention, en parlant de leurs enfants disparus dont elles essayaient de retrouver la trace. Le livre « Moi, Victoria, enfant volée de la dictature argentine » en parle très bien, entre autres.

 

Le Puerto Madero est un lieu mondialisé où il est bon ton de boire un Apérol en terrasse. On passe notre tour. On s’imprègne, en marchant dans ces rues, et on se prépare à ce que l’on va découvrir en ouvrant nos oreilles.

 

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Les interviews ou comment les personnes que nous rencontrons nous offrent leurs récits en cadeau.

 

Avant même de poser le pied sur le continent sud-américain, quelques fils avaient été lancés. Des messages, des appels, des prises de contact avec des personnes ressources et avec les services diplomatiques à Buenos Aires. Partout, un accueil chaleureux. Notre projet intrigue, questionne, circule. Il ne laisse pas indifférent.

 

Avec W., un rendez-vous est fixé, puis la promesse d’une mise en lien avec son cercle. L’Ambassade de France, de son côté, nous transmet des contacts de journalistes et d’associations. Nous partons ainsi avec une poignée de numéros de téléphone, peu de certitudes, mais déjà beaucoup d’élan.

Une fois sur place, tout s’accélère. Les liens se tissent simplement, presque naturellement. Les relations se nouent dans la confiance. Un contact en appelle un autre, puis deux, puis dix. Nous acceptons de nous laisser guider par les rencontres — c’est aussi cela, le sens de ce voyage. À chaque micro tendu, quelque chose s’ouvre. Les cœurs s’entrouvrent, les masques tombent. Nous allons droit à l’essentiel, sans détours ni artifices.

Ces moments sont bouleversants. Une sincérité dense, juste, palpable. Les personnes déroulent le fil de leur vie. Et nous, parfaits inconnus, devenons pour un instant les dépositaires de leurs paroles, les passeurs de leurs témoignages.

Les interviews se font en espagnol. Un exercice d’écoute fine, de nuances à capter, de références à deviner. Il faut entrer pleinement en connexion avec la personne qui parle, saisir son rythme, son souffle, son essence. Nous tendons des perches, et elles sont saisies — dix fois sur dix — par nos interlocutrices et interlocuteurs. Les hommes, plus discrets, ne sont pas en reste. A. nous confie son intimité, bouleversante. J., W., B., I., M. racontent comment elles et ils ont été conduits à faire des choix décisifs, souvent au cœur de situations tragiques. Comment, par la force du courage et grâce aux soutiens rencontrés en chemin, elles et ils ont façonné une vie qui leur ressemble, une vie dont elles et ils sont fiers.

L’Argentine apparaît alors comme une terre d’accueil, parfois rude, toujours incertaine, mais capable d’une immense générosité. Sur la question du genre — abordée à chaque entretien — le féminisme, comme en France, n’est pas toujours revendiqué comme tel. En revanche, l’équité, et surtout la recherche d’un équilibre entre les femmes et les hommes, est clairement identifiée comme un chemin vers la paix, la sérénité, une sortie possible du chaos ambiant.

 

D’autres rendez-vous s’annoncent encore. Une avocate, une ministre de l’Agriculture — l’Argentine est un État fédéral — nous ouvrent à leur tour la porte de leur histoire. Deux journalistes françaises, correspondantes pour France Télévisions, Le Monde et L’Équipe, acceptent de nous recevoir, d’échanger, de nourrir notre réflexion et d’accompagner notre projet.

 

Et puis, avant chaque interview, il y a ce moment suspendu. La préparation du matériel. Les gestes répétés, fébriles. On teste, on branche, on ajuste. Les regards se croisent. Puis vient l’instant du départ. Une tension joyeuse. Les cœurs se mettent à parler. Un lien se crée.

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Après ces premiers entretiens et 10 jours de mégalopoles, nous ressentons de la fierté, de la joie et… De la fatigue. Notre parenthèse uruguayenne arrive à point nommé pour reprendre notre souffle. En 2h de bateau pour Colonia del Sacramento et 2h de bus, nous voici dans les rues de Montevideo. Nous allons nous mêler aux dizaines de personnes qui chaque jour viennent saluer le coucher du soleil sur le Rio de la Plata, depuis le parc Rodó. Puis nous irons sur les rives de l’Océan Atlantique, dans un endroit presque désert où nous passerons un Noël en pleine nature avec des amis. Sous les étoiles du Sud. On avait promis qu’on ne vous parlerait pas de nos repas… mais autant vous dire qu’on a mangé pas mal de viande pour Noël, a la parilla.

 

De retour à Buenos Aires, nous avons l’agréable impression de « rentrer à la maison », nous retrouvons un décor familier en revenant chez Virginie qui nous accueille les bras ouverts. Ce soir nous partirons vers la Patagonie et ses espaces grandioses.

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Le lieu où l’on rédige cette 3e newsletter : La Confiteria Ideal, lieu mythique récemment rénové où les Argentins et Argentines aisés et romantiques se retrouvent pour le goûter de 18h. 

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Nous et une de nos alliées.

La suite au prochain numéro : nous irons, tout en continuant nos interviews, à la rencontre des baleines sur la côte atlantique. Le 2 janvier, on embarquera dans le Patagónico, train mythique qui traverse toute l’Argentine d’Est en Ouest. Un train d’après les dires qui rivalise avec le Poudlard Express du monde d’Harry Potter… Puis embrasser les pieds des Andes et le glacier Perito Moreno. 

Olivier & Sylvie

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Olivier GARRABÉ

Généalogiste à Strasbourg

Intervention partout en France
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