25 janvier 2026
Newsletter # 4 - Il était une fois… "notre" Patagonie.
Lettre de voyage De l'Oreille à la Plume
Comment commencer cette nouvelle lettre et résumer ainsi les 2 premières semaines de notre année 2026 ?
Comment vous dire « notre » Patagonie ?
Il y a ce à quoi on s’était préparé :
Les paysages grandioses, immenses, ouverts à l’infini, les contrastes soudain lorsque le paysage change. De la mer à la dune, de la dune à la steppe…. à la steppe…. à la steppe…. Peuplée de guanacos et de choiques, et de petits oiseaux. Puis les collines des pré-Andes, steppes vallonnées et peuplées de guanacos encore. Puis viennent les montagnes déchiquetées par l’ère glaciaire qui a sculpté tous les volcans et les roches préhistoriques. Un peu d’arbres, enfin. Et pour la faune, des guanacos, toujours, et des lièvres, des renards, et les mythiques : le puma à terre et le condor dans les airs. Des lacs cristallins. Puis enfin les glaciers, la mémoire, les rescapés, qui étanchent notre soif.
Il y a ces moments où l’on se laisse guider par ce qui arrive, dans l’instant…
Il y a le transport, le vécu du voyage. Ce train Patagonico, qui avance fièrement à son allure lente à travers la steppe, de la mer à la cordillère des Andes. A son bord, des couchettes d’un autre âge, mais super confort. Le « préposé au wagon », nous présente la cabine, les lits sont faits, parfaitement bordés comme dans un hôtel. Cet homme sympathique restera à notre disposition tout au long du voyage qui durera vingt heures. Le temps du repas, le wagon-restaurant où l’on nous sert à table, les serveuses portent un tablier blanc et les couverts sont dressés sur des nappes en tissus ! Dans ce train, les passagers sont essentiellement Argentins. Ils vont prendre l’air des montagnes en cette période estivale. Nous sommes qu’une poignée de touristes et cela change tout !
La lenteur nous amène à écrire, lire, permet des discussions au wagon restaurant avec des inconnus. C’est ainsi que Sylvie sympathise avec Gianluigi, Argentin, qui se rend à Bariloche pour tenter sa chance comme coach sportif. D’autres rencontres plus furtives se nouent, des regards se croisent, un sourire s’échange.
La lenteur est apaisante.
Ci-dessous des images des méga-incendies dans la Province de Chubut, que nous avons traversée.
Le bus de la Route des 7 lacs, entre Bariloche et San Martin de los Andes. Paysages grandioses, mais attention aux virages ! C’est à cet endroit que nous rencontrons Adriana, cette femme Mapuche qui nous a profondément touchés.
Et puis, le bus encore, de Bariloche à El Calafate tout au sud, pour 32 longues heures sur la Route 40 (celle qui traverse l’Argentine du Nord au Sud). Dont une partie non-goudronnée. Un moment méditatif… enfin une tentative…. si notre corps ne nous rappelait pas son besoin de stabilité, d’exercice physique et de repos !
Le train
La Ruta 40
Le Perito Moreno
Il y a les rencontres qui marquent notre voyage. Là encore nous n’avons pas été déçue et déçu, nous avons découvert des vies singulières, des histoires de familles insolites, des combats, des doutes et des espoirs. La question écologique est omniprésente dans cette région qui regorge de ressources naturelles. Chaque personne qui nous a ouvert son cœur, micro tendu ou pas car on ne l’avait pas toujours sous la main, a été un trésor sur le chemin.
Allez, en voici une qui nous a particulièrement inspirée au tout début de cette année. Nous rencontrons N. sur les recommandations de plusieurs personnes qui sont admiratifs de sa détermination et de son courage à toute épreuve. Pour la trouver, il nous faut parcourir la ville de Viedma, en sortir pour arriver dans un lieu complètement lunaire. Un grand terrain vague quasi désert, ou sont entassés des déchets plastiques, cartons etc…, des sacs plastiques s’envolent avec le vent, s’accrochent aux misérables arbustes qui poussent de manière anarchique. Plusieurs chiens viennent nous accueillir avec plus ou moins d’entrain, un cheval se tient à quelque distance. Dans ce décor se dresse un bâtiment en tôle ondulé. On entend clairement des bruits de machines et des gens qui parlent fort.
Et N. arrive tout sourire, pour nous présenter la déchetterie qu’elle a montée en coopérative avec deux autres personnes.
Une incroyable « épopée verte » qui s’accroche au fil des années à structurer une « filière déchets », mobiliser, éduquer aux questions écologiques par le tri.
Le pouvoir local a profité de l’aubaine de voir ce sujet pris en charge et a soutenu un temps ; et puis aux élections suivantes il ne s’est plus senti vraiment concerné et les laisse faire….
Ce qui est frappant et inspirant, c’est cette détermination à mener cette bataille coûte que coûte : éduquer la jeunesse au tri sélectif, former, sensibiliser lors des évènements grand public, faire prendre conscience aux ramasseurs de déchets, souvent très pauvres, de l’importance de leur travail pour la société et de leur accès à des droits élémentaires, faire travailler femmes et hommes ensemble sans hiérarchie… La conviction de cette femme est sans borne. Nous ressortons de cette interview remplis d’une foule de questionnements et d’admiration.
De retour à Buenos Aires pour la dernière fois du voyage, nous avons toujours cette agréable impression de « rentrer à la maison » en arrivant chez Virginie. Une brève escale à Tigre, la petite ville aquatique au nord de la capitale nous apporte un grand moment de sérénité qui nous est nécessaire pour prendre notre envol, vers le nord est du pays cette fois.
La suite au prochain (et dernier) numéro : nous prenons le bus en direction de Santa Elena, une bourgade de la province d’Entrerios, qui comme son nom l’indique est entourée de rivières. Nous y avons rendez-vous avec une personne contactée il y a plus d’un an pour le projet, qui nous attend avec impatience…
Olivier & Sylvie
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Olivier GARRABÉ
Généalogiste à Strasbourg
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